Paris-Roubaix
Le 11 avril 2011
Paris-Roubaix
Hier, le 10 avril, j’ai pris le départ de 109e édition du célèbre Paris-Roubaix. Cette Classique qui fait partie du patrimoine français est unique au monde étant donné que le parcours de 258km comprend 51,5km de vieux chemins pavés. En tout, il y avait 27 secteurs qui font de 300m à 3,7 km et qui varient de difficulté selon l’état du pavé. Parmi les secteurs les plus célèbres ont retrouvé la tranchée d’Arenberg et le Carrefour de l’arbre dont les pavés sont très irréguliers et avec de grands espaces entre chacun. Sur une note historique, j’ai appris que cela n’était pas grand-chose puisque durant les premières éditions de Paris-Roubaix à la fin du 19e siècle, les coureurs parcouraient 300km … entièrement sur des pavés! Malgré que le nombre de pavés a réduit au fil du 20e siècle, il reste que c’est encore très exigeant de traverser tous ces secteurs.
Dans les premiers 98km de courses qui ne comprennent aucun secteur, mon devoir était d’essayer de me glisser dans la bonne échappée. J’ai couvert quelques coups, mais une échappée est finalement partie avec 6 coureurs. J’ai bien cru que c’était la bonne puisqu’ils ont eu jusqu’à 40sec d’avance sur le peloton, mais finalement nous sommes revenus sur eux. Suivirent encore quelques attaques, mais rien ne partait et j’ai bien cru que nous allions aborder le premier secteur pavé tous regroupé. Au alentour du kilomètre 85, je me suis placé en tête de peloton pour être bien placé et pour couper le vent à mon coéquipier Sébastien Chavanel. Deux, trois coureurs ont attaqué et je décidé de ne pas suivre puisque je me disais que ça ne valait plus la peine. Ensuite deux autres sont parti pour faire la jonction et Chavanel m’a alors crié d’y aller. J’ai mis du braquet et je suis parti.
Nous nous sommes donc retrouvés à 8 coureurs devant et nous avons rapidement pris une cinquantaine de secondes d’avance. La cohésion était bonne et je me suis dit que cela serait parfait puisque nous aurions la chance de traverser les premiers secteurs devant. Par contre, je ne savais pas trop si notre écart allait se maintenir ou diminuer. À ma surprise, il a plutôt augmenté et nous avons eu presque 3 minutes d’avance à un certain point. Nous avons également été en mesure de compléter la tranchée d’Arenberg avant d’être repris ce qui a facilité les choses.
Un groupe contenant le futur vainqueur est revenu sur nous après environ 190 km de courses. À partir de ce moment, je me suis contenté de suivre le groupe et j’ai cessé de prendre mes relais puisque ce n’était pas à moi de faire avancer le groupe. Quelques kilomètres plus loin, mon coéquipier Damien Gaudin est rentré seul sur mon groupe et dès son arrivée, il m’a demandé si j’avais de la nourriture à lui donner. Étant donné l’effort qu’il a fait, il était en manque de sucre et il n’avait plus de barres énergétiques sur lui. Je lui ai également donné de l'eau puisque j’en avais assez et il m’a avoué après la course que si je n’avais pas été là, il n’aurait jamais été capable de suivre dans le groupe. Preuve que l’hydratation et l’alimentation sont primordial durant une course.
Par la suite j’ai essayé de suivre le groupe, mais je n’arrivais plus à suivre les accélérations causées par les différentes attaques. À environ 25 km de la ligne, je me suis retrouvé seul et j’ai continué rouler au train pour conserver ma position. J’ai fait la fin de la course sur mes réserves et j’étais vraiment épuisé. Les derniers secteurs pavés furent pénibles puisque je n’avais plus la force de bien passer à travers. En plus j’avais mal aux mains et au bras et je roulais sur les côtés en terre ou sur le gazon tellement je ne pouvais plus supporté les vibrations. Je me suis finalement fait rejoindre par un groupe de quatre coureurs à moins de 1 km de la ligne d’arrivée. J’étais par contre très soulagé d’embarquer sur le vélodrome de Roubaix, endroit symbolique où tous les Paris-Roubaix se terminent. Par contre, je n’ai pas été capable de sprinter avec les coureurs qui m’ont rejoint et j’ai terminé juste un peu derrière eu.
Pour une première expérience à Paris-Roubaix, je suis très satisfait de ma performance. Je me sentais bien et j’ai eu la chance de faire partie de l’échappée du jour. Cela m'a permis de bien reconnaitre tous les secteurs pavés de la course et en plus d’obtenir un bon résultat pour un coureur qui en est à sa première expérience. J’ai vécu une journée inoubliable sur le vélo et cela me donne de la motivation à continuer de travailler fort et aussi à me surpasser.
- David Veilleux